De belles lectures de vacances : Eldorado et Americanah

Petite parenthèse entre les audiences devant le Tribunal administratif, le juge des libertés et de la détention ou encore la Cour nationale du droit d’asile, ces congés d’été sont l’occasion de prendre un peu de recul et de recharger les batteries pour mieux amorcer la rentrée.

Deux romans en lien avec le thème de ce blog : « Eldorado » de Laurent Gaudé (éditions J’ai lu, 2006) et « Americanah » de Chimamanda Ngozi Adichie (éditions Folio, 2013) dont je recommande vivement la lecture :

Eldorado, ou le récit croisé de migrants qui cherchent à gagner le continent européen et le parcours (initiatique) de Salvatore Pirraci, commandant de marine qui sillonne les cotes siciliennes à la recherche de clandestins afin de sauver leurs embarcations de fortune et les confier, une fois sur terre, aux autorités italiennes.

Extrait, page 91 : « Aucune frontière n’est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi. Nous avons cru pouvoir passer sans sentir la moindre difficulté, mais il faut s’arracher la peau pour quitter son pays. Et qu’il n’y ait ni fil barbelés ni poste frontière n’y change rien. J’ai laissé mon frère derrière moi, comme une chaussure que l’on perd dans la course. Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes… »

Americanah qui a pour thème le parcours d’une jeune nigériane, Ifemelu, qui part aux Etats-Unis pour suivre ses études et qui s’interroge sur la notion de race et sa perception par la société américaine. Elle consigne ses réflexions dans un blog intitulé « Raceteenth ou observations diverses sur les Noirs américains (ceux que l’on appelait jadis les nègres) par une Noire non américaine ». Le livre aborde également plusieurs autres thèmes tels que l’identité, la place de l’immigré en prise avec les différences culturelles, les difficultés du parcours d’immigration (au travers du récit d’Obinze à Londres, jeune nigérian dont la relation amoureuse avec Ifemelu servira entre autre de trame au roman)…

Extrait, page 408 : « Alexa et les autres invités, peut être même Georgina, comprenaient tous la fuite devant la guerre, devant la pauvreté qui broyait l’âme humaine, mais ils étaient incapables de comprendre le besoin d’échapper à la léthargie pesante du manque de choix. Ils ne comprenaient pas que des gens comme lui, qui avaient été bien nourris, n’avaient pas manqué d’eau, mais étaient englués dans l’insatisfaction, conditionnés depuis leur naissance à regarder ailleurs, éternellement convaincus que la vie véritable se déroulait dans cet ailleurs, étaient aujourd’hui prêts à commettre des actes dangereux, des actes illégaux, pour pouvoir partir, bien qu’aucun d’entre eux ne meure de faim, n’ait été violé, ou ne fuie des villages incendiés, simplement avide d’avoir le choix, avide de certitude… ».

Bel été à tous !

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